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Dernier adieu au roi Bhumibol Adulyadej

Le 26 octobre 2017 était la date de la crémation du roi de Thaïlande, décédé un an auparavant.

Je suis allée à la cérémonie organisée dans ma ville, comme tous les thaïlandais de la province de Suratthani (ma ville est la capitale de la province). J’ai patienté pendant 7 longues heures, sous un soleil brûlant pour déposer une fleur devant le portrait du roi, et ainsi lui faire mes derniers adieux.

J’ai ainsi réalisé à quel point la blessure dans le cœur du peuple thaïlandais reste fraîche, malgré un an de deuil des plus austères.

Tout le monde s’était déplacé : les enfants, les adultes, les personnes âgées, les femmes enceintes, les nourrissons… Et tout ce monde s’est entraidé pendant ces longues heures sous le soleil : partage de la bouteille d’eau, des éventails, des souvenirs communs du roi en versant une larme.

Souvent, des grand-mères me prenaient la main en pleurant, me remerciant d’être venue, en tant que « farang », étrangère. Une dame en chaise roulante à même dit, en souriant à travers ses larmes : « Bhumibol Adulyadej, roi des rois, tu amène des personnes de l’autre face de la terre pour te rendre hommage ».

De nombreux bénévoles distribuaient de la nourriture, de l’eau, des serviettes rafraîchissantes, des poches de glaces, des éventails… Les tuk-tuk, taxis, bus étaient gratuits, et tout le monde partageait tout ce qui était mis à disposition dans la plus grande des paix. Encore une chose impossible en France :)

C’était la première fois de ma vie que je voyais autant de personnes se serrant les coudes, unis pour une seule cause. Malgré la tristesse du moment, j’ai trouvé ce mouvement d’une beauté sans égale.

Une phrase de l’hymne national thaïlandais résonnait dans ma tête : « Les thaïlandais restent unis, veulent la paix mais savent faire la guerre, et verseraient jusqu’à la dernière goutte de leur sang pour le sol du Siam (ancien nom de la Thaïlande) ». J’ai compris à quel point cette phrase est vraie…

Je me suis rarement sentie aussi thaïlandaise. Pendant 7 heures, j’ai assisté, un peu en retrait et mourant de chaud à l’immense peine des thaïlandais. Ce peuple, il y a un an, n’a pas perdu un roi, mais véritablement un père, un dieu.

J’essayais de ne pas pleurer, parce qu’au fond « ce n’est pas mon roi, je n’ai pas été élevée dans l’obligation d’adorer le roi »… Mais devant tous ces visages ravagés de tristesse et de dévouement, j’ai dû sortir mon mouchoir. (décidément dans tous mes articles je dis que je pleure).

Par respect, je n’ai pas pris de photos de la cérémonie, mais voici quelques images capturées par des journalistes. Je suis également en train de monter une petite vidéo, qui essaie de traduire l’atmosphère de cette journée.


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